Passerelle numéro 34

Carême  2004

RETOUR - AUTRES "PASSERELLES"

Sommaire

Editorial
        - Le carême, un temps à parcourir et à vivre

Vie paroissiale
         - Echos du Conseil Paroissial
         - L'Equipe d'Animation Paroissiale vous informe
Débat
        - Vendre le catéchisme

Flash sur ...
        - La chapelle Père Damien

        - ... Et sur le Père Damien
Prières
        - Des raisons pour prier
        - Un cierge
Méditation 
        - Je t'aime tel que tu es

Etincelles 
        - Cher Dieu ...

Conte
        - Les nénuphars de Théo


EDITORIAL

Le carême, un temps à parcourir et à vivre

Le carême est une période de conversion au cours de laquelle chaque croyant est invité à "changer", à se retourner vers Dieu pour connaître plus de joie, plus de paix, un épanouissement plus grand à travers le partage.
Conversion et carême ne sont pas synonymes d'austérité et de tristesse mais bien de joie. Joie de la découverte du message évangélique et de son impact dans notre vie.
Le texte qui suit, une catéchèse de Mgr Lacrampe, nous interpelle personnellement.

Durant ces quarante jours qui te conduisent à Pâques, tu es invité à imiter Jésus qui t’entraîne sur le chemin de la conversion. La conversion, un travail à faire sur toi-même !

Au début du Carême, apposées sur le front, tu reçois les cendres. Dans la Bible, les cendres symbolisent à la fois le péché et la fragilité de l’homme. Elles sont une invitation à te tourner vers Dieu : « Convertis-toi et crois à l’Evangile ». 

Sois à l’écoute de cette parole, une parole qui interpelle, qui ouvre un espace de liberté et de responsabilité.

Le carême te remet face à l’essentiel de ta foi de chrétien. Christ est Ressuscité ! Christ est vivant ! Il te permet à toi, chrétien de te rappeler ton baptême, de te souvenir que tu es témoin. C’est par l’action conjuguée du jeûne, du partage et de la prière que le carême est chemin de conversion.

Le jeûne… Jeûne dans le secret !
Jeûner, c’est apprendre à te décentrer de toi-même… 
Ce n’est pas une occasion de te mettre au régime. C’est un temps où les privations permettent l’ouverture aux autres, un temps qui t’enrichit et te transforme.

Le partage… Fais l’aumône en secret !
Le plus pauvre d’entre nous est immensément riche par rapport à un frère habitant un pays pauvre. 
Le véritable acte de charité se fait dans le secret du cœur. Il est don gratuit. Partager, c’est croire en l’homme. C’est une invitation à te centrer sur les autres 

La prière… Prie en secret !
Prier, c’est te centrer sur Dieu. Prier, c’est dans le secret, exprimer à Dieu ce qui est beau, ce qui est bien, ce qui est grand, parfois ce qui est mal, ce qui est difficile, ce qui est dur. Prier, c’est Le supplier pour que le Royaume de paix et de justice, d’amour et de liberté advienne sur notre terre par la force et la lumière de l’Esprit Saint.

Durant le Carême, tu es invité à parcourir avec d’autres un chemin de foi, dans le jeûne, dans le partage, dans la prière, c’est-à-dire dans la réconciliation avec Dieu et avec les autres. Parcours ce chemin d’alliance sur lequel la rencontre de l’autre se fait proposition de paix.

Si tu prends un tel chemin, le monde sera plus beau, même si tu es bien conscient des ténèbres qui t’entourent : haines, guerres, exclusions, violences… Pourtant, au cœur même de l’obscurité peuvent jaillir des étincelles d’amour… et des braises de paix.

Rejoins l’Eglise dans sa marche vers Pâques, trouve le temps de lire la Parole de Dieu pour qu’elle touche ton cœur et irrigue ta vie ! Sois un auteur d’amour et de paix à la suite du Christ, notre Seigneur !

Bon carême, mon ami. Bonne marche vers Pâques !

Mgr André Lacrampe, évêque d’Ajaccio pour la Corse

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VIE PAROISSIALE

Echos du Conseil Paroissial

Carême 2004

La créativité de chacun sera sollicitée pour illustrer le thème de l’année 2004 : « Envoyés pour annoncer » 
Seront particulièrement retenues les aptitudes individuelles dans les domaines de la poésie, de la peinture, de la sculpture, voire du bricolage ou du montage « Informatique ». Cela pourra donc se concrétiser en expositions, ou en réunions de partage.

En matière de décoration florale de la Basilique, il y a un projet d’une composition évolutive, au cours des semaines du Carême, avec intervention créative et progressive des enfants de la Catéchèse.

Les projets devront être présentés à la mi-février.
Les œuvres devront être réalisées pour le début du mois de mars.

Haïti : Comment renforcer les liens sans devoir se rendre sur place ?

Les liens sont absolument nécessaires. Ceci résulte directement des propres paroles du Frère Franklin :  Les Haïtiens ont besoin de beaucoup de courage pour vivre ; il leur faut donc beaucoup de soutien pour être motivés à travailler et à entreprendre».

Chez nous, il faudrait commencer par mettre en place des structures de contact. Cela peut revêtir différents aspects :
* transmission de nouvelles réciproques, de communauté à communauté, par le biais d’associations en Belgique ou plus directement en utilisant les possibilités d’Internet (E-mail)
*  envisager des contacts au niveau des jeunes (contacts entre classes)
* dans le domaine de l’aide financière, il y aura lieu d’explorer concrètement les besoins ; dans ce but, on peut encore envisager que des adultes de la Paroisse se rendent sur place, en vue de se mettre en situation devant les problèmes vécus par les Haïtiens. Ensuite, il est important de ne pas « dédicacer » les aides, mais plutôt de faire confiance aux choix effectués par les initiatives locales.

Vincent della Faille réunira en temps opportun les jeunes qui se sont rendus en Haïti avec lui, et qui seraient vraiment désireux de cultiver un esprit d’ouverture et de contact.

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L'Equipe d'animation Paroissiale vous informe

En début d'année, l'EAP a renouvelé une partie de ses membres.
Elle est actuellement composée de Vincent della Faille,  Jean-Marc de Terwangne, Christian Vinel , Jeanne de Failly, Marie-ThérèseDe Vriese, Danielle Thomas, Guy Monseur et Marc Petit.
Merci à Anne-Marie Lepage, Anne Gelders et JJ Van Schaftingen pour leur participation active et dévouée depuis plusieurs années et bienvenue à Jeanne et Marie-Thérèse.

Lors des dernières réunions qui ont lieu toutes les 3 semaines, l'EAP a :
- préparé les conseils paroissiaux
- proposé des actions pour concrétiser l'année "envoyés pour annoncer"
- réfléchi aux suites à apporter au voyage des jeunes à Haiti afin de prolonger, d'une manière ou d'une autre, l'aide et le service à la communauté locale qui en a besoin ;
- proposé des idées pour  l'aménagement final de la chapelle des 4 Sapins.

L'équipe actuelle est toujours à la recherche d'un dernier membre, de préférence homme, jeune et résidant au quartier des 4 Sapins, afin d'assurer la plus large représentation de la paroisse.

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DEBAT

Vendre le catéchisme

Un article paru récemment dans la presse française, relaye les actions prises par l'Eglise catholique française pour convaincre, par des techniques de marketing, parents et enfants de garder, dans l'emploi du temps des écoliers, une petite place pour le catéchisme. Nous pensons qu'il est intéressant de le partager avec nos fidèles lecteurs afin de susciter leurs réactions. A suivre … en fonction de vos commentaires !

* * * *

Douze diocèses de l'Ouest ont choisi l'humour pour promouvoir le catéchisme, en diffusant plus de 25 000 affiches et en distribuant dans les boîtes aux lettres , marchés …plus de 100 000 cartes portant le slogan "Fais la pause caté ! Le catéchisme donne le goût à la vie". Sur le visuel, deux tasses de café fumant et le traditionnel chocolat sur lequel est écrit "Caté +".

"Nous avons fait le pari de changer l'image du catéchisme", avoue le Père Olivier Roy, responsable de la catéchèse du diocèse de Rennes. "Beaucoup de gens ont encore une vision très XIXème siècle, avec le curé assis sur un banc, qui interroge les gamins. Nous avons voulu transmettre l'idée d'un temps pour s'asseoir, pour penser à l'essentiel. En outre, le café, c'est quelque chose qui dynamise".

Le pourcentage d'enfants allant au catéchisme se situe aux alentour de 30% "Mais la variation va de 55% en Vendée à 10% dans les grandes villes comme Nantes" , note le Père Roy.


L'idée de vendre le catéchisme par des méthodes de marketing a été lancée, l'année précédente, par le diocèse de Paris. Cette année, le diocèse récidive avec des affiches apposées chez les commerçants et sur la façade des églises. Le ton est plus sérieux que dans le Grand Ouest : une petite fille est appuyée sur un globe terrestre avec cette phrase au-dessous : "Le catéchisme, des repères pour la vie".

5 diocèses de la banlieue parisienne se sont associés à Paris pour décliner la même campagne. A certains endroits, l'affiche s'étend sur les flancs des autobus. Les diocèses ont également mis en place une ligne téléphonique pour répondre aux demandes des parents.

La précédente campagne avait seulement permis "d'enrayer la chute des inscriptions", en baisse depuis dix ans. Les responsables espèrent que la nouvelle campagne, dont le coût est estimé à 150 000 euros, va redresser la courbe.

Xavier Ternissen, journaliste au quotidien "Le Monde"

Illuminés de sourires d'enfants ou d'ados, les visuels des deux campagnes jouent sur les mêmes ressorts de séduction : Faire "la pause caté" qui "donne du goût à la vie" pour les uns ou "retrouver les goûts et les saveurs spirituelles de la vie" pour les autres. Que penser de ces campagnes et qu'est ce que ça peut bien vouloir dire ?

 

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FLASH SUR ...

La chapelle Père Damien

Etienne Pletinckx, te voilà depuis près de 4 ans en charge du suivi de la construction de la chapelle. Quelle responsabilité. Où en est-on aujourd’hui ? Je commence par la fin …

Le 14 mars prochain à 11 heures, au cours d’une célébration eucharistique, le cardinal Danneels viendra bénir l’autel de la nouvelle chapelle érigée à l’entrée du quartier des 4 Sapins.

Ceci est l’aboutissement d’un projet qui, dès l’urbanisation de ce site au début des années 90 - à l’époque de feu l’abbé Jacques Dereau - a germé dans l’esprit des autorités religieuses de la paroisse Notre-Dame de Basse-Wavre. En effet, ce quartier accueillera à terme près de 3000 nouveaux habitants ; il est situé effectivement sous la juridiction territoriale attribuée à la paroisse Notre-Dame de Basse-Wavre, tout en étant déjà quelque peu éloigné aussi bien  de Basse-Wavre que de Wavre.

Les habitations  ont poussé comme champignons sous la pluie ; de plus en plus de néo-Wavriens se sont installés et des souhaits de plus en plus insistants se sont fait jour auprès de nos prêtres dans le but de construire quelque part dans le quartier un endroit où l’on pourrait se réunir, se recueillir : une chapelle.

Comment le choix s’est-il porté sur toi ?

Un beau jour de début janvier 2000, Christian Vinel a souhaité me voir. Ayant  appris que j’étais fraîchement retraité et aussi que j’avais quelque expérience dans le domaine de la construction, il m’a demandé de m’occuper du projet de construction d’une chapelle, dont la décision avait été prise par les autorités religieuses. Le dossier que m’a remis notre curé contenait déjà une première image, élaborée par le service technique de l’Archevêché de Malines-Bruxelles, de ce qui était envisagé et aussi des documents administratifs, particulièrement les prescriptions urbanistiques du lotissement, en plus de contacts qui avaient déjà été pris avec le propriétaire du terrain ainsi qu’avec les autorités communales. Celles-ci étaient d’ailleurs en principe favorables à l’idée.

Je dirais qu’immédiatement j’ai accepté le job qui, comme le disait l’abbé Vinel, n’était pas du tout celui d’un curé qui a bien d’autres charges primordiales pour lui. En effet, passant quelques fois dans le lotissement en pleine expansion, je m’étais chaque fois dit qu’il y manquait quelque chose pour qu’il y ait un âme : une chapelle. J’ai toutefois dit de suite : «pas question de construire une cathédrale». Je voyais quelque chose de contemporain, où les jeunes pour qui on construit, se sentiraient bien, quelque chose de simple  et de recueilli, un endroit ouvert à tous et qui cadre avec le quartier.

On en était arrivé à l’avant-projet ?

L’avant-projet en question avait déjà répondu à cette vision en prévoyant une chapelle au rez-de-chaussée d’un immeuble d’habitation et plus qu’une chapelle : un centre paroissial comportant aussi des salles de réunion pour des activités diverses.

Alors ont commencé toutes les phases de réalisation du projet : achat du terrain, désignation de l’architecte - en fait, ils sont 2 : Cathérine Debie de Mechelen et Pierre Juckler de Wavre -, longues formalités en vue de modifier le permis de lotir qui au départ ne prévoyait pas ce genre d’activités, enquête publique, confection du dossier de construction, obtention du permis d’urbanisme - ou de bâtir -, lancement d’une soumission, choix de l’entrepreneur et finalement travaux de construction.

Quelle est la particularité du projet ?

La particularité du projet était d’abriter sous un même toit un lieu de culte et des habitations. N’ayant ni la vocation de vendre des appartements ni l’expérience de ce genre d’activités, un accord a été mis au point avec l’entrepreneur choisi, la Société Thomas & Piron, acceptant une sorte d’association momentanée qui répartit la propriété des locaux entre les deux parties : le rez-de-chaussée à la Paroisse, les appartement à l’entrepreneur qui dès lors en assure la vente.

Très rapidement, le Vicariat du Brabant Wallon a d’ailleurs acheté un de ces appartements pour y loger le desservant de la chapelle dont le premier sera l’abbé Vincent della Faille, notre vicaire également responsable de la pastorale des Jeunes en Brabant Wallon.

Et quid de l’aspect financier de cette opération ?

Certains diront : mais, d’où vient l’argent pour payer tout cela? Aussi étonnant que cela paraisse, une personne dont l’identité ne nous est pas connue, a fait une donation spécifique à l’Archevêché pour qu’une chapelle soit construite aux 4 sapins.

Cette donation a permis d’acheter le terrain et d’ériger le rez-de-chaussée du bâtiment : gros œuvre et parachèvement jusque et y compris la mise en peinture, TVA comprise. Le reste de l’immeuble est pris en charge par l’entrepreneur qui, comme déjà dit, revend les six appartements.

Comment sera décorée la chapelle ?

Il reste évidemment à décorer la chapelle et à la meubler. Il se fait que les Sœurs Clarisses  de Loonbeek quittent leur couvent et se regroupent à Bruxelles. Elles ont fait don à la paroisse de meubles et de différents objets de culte qui permettront d’aménager la sacristie de la chapelle ainsi que les salles de réunion. La pierre qui servira de table à l’autel après certaines appropriations, provient également de ce couvent . Certains paroissiens ont déjà fait des dons qui permettront de se procurer le mobilier liturgique ; il est fait appel à la communauté paroissiale pour le reste : bancs, autel, tabernacle, etc… Un petit comité s’est constitué parmi les paroissiens du quartier afin de prendre en charge cet aspect financier et de l’organiser comme il convient.

A noter que, pour la bénédiction et l’inauguration du 14 mars prochain, une autre équipe de paroissiens locaux s’est créée afin d’organiser dignement cette cérémonie plus qu’importante pour le quartier.

Où en sont les travaux en cette mi-février ?

Si on sait que le premier coup de pelle a été donné le 13 janvier 2003, et qu’aujourd’hui les peintres sont en voie de terminer les travaux de mise en peinture, il est évident que le chantier a été mené rondement. La réception provisoire aura lieu le 3 mars. Ceci a été rendu possible grâce à l’attention constante et vigilante de nos architectes et aux efforts efficaces de notre entrepreneur. Tout ceci sans aucune concession quant à la qualité du gros œuvre et du parachèvement.

C’est ainsi qu’un soin tout particulier a été apporté à l’isolation acoustique, de manière à respecter au maximum le bien-être et la tranquillité des occupants des appartements et du voisinage. En fait, on peut dire que le chantier n’a pas présenté de grosses surprises et qu’il s’est déroulé correctement. C’est vraiment heureux …

Pourquoi une chapelle dans un immeuble d’habitation ?

Comme cela a déjà été dit quelque part, on trouve une chapelle dans beaucoup d’endroits : couvent, château, hôpital, prison, caserne …, pourquoi pas dans un immeuble d’habitations ?

Puisqu’il s’agit d’une chapelle, pas question pour le nouvel édifice de devenir un jour le centre d’une nouvelle paroisse : la chapelle et le centre paroissial sont donc une sorte d’antenne de la paroisse Notre-Dame de Basse-Wavre où les grandes cérémonies, notamment les mariages et enterrements, continueront à y être célébrés. Par contre, on pourra y accueillir des baptêmes, par exemple.

Enfin, quel  sera le nom de cette chapelle ?

A la suite d’un sondage réalisé il y a quelques mois auprès des paroissiens, le nom du Père Damien a été retenu à une large majorité et proposé à l’Archevêché. Il me paraît remarquable qu’il soit ainsi rendu hommage à un compatriote, proche de chez nous, l’apôtre des lépreux, considéré comme un héros national aux Etats-Unis. Ce sera sans doute la première chapelle au monde à être consacrée au Père Damien.

En fait, le quartier des 4 Sapins reçoit ainsi un magnifique cadeau. Il me semble qu’il revient à ses habitants d’en être conscients, de l’apprécier, de l’utiliser surtout. A eux de le prendre en charge comme il se doit.

Propos recueillis par André Lepage.

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... Et sur le Père Damien

Joseph De Veuster naquit à Tremelo le 3 janvier 1840. Il entra dans la congrégation des Sacrés-Cœurs au début de 1849 où il prit le nom de Damien. Ordonné prêtre à Honolulu (îles Hawaï) le 21 mai 1864, Damien se porta volontaire pour évangéliser à Molokaï, l’île des lépreux. Devenu lépreux lui-même, il mourut le 15 avril 1889.

Sur base des propres écrits du Père Damien, nous présentons ici quelques extraits d’une interview imaginaire publiée dans le numéro de janvier 1989 de la revue Missi.

Mon chemin, comme prêtre catholique de Kalawao, fut tracé en mai 1873. Un grand nombre de lépreux (816) venaient d’arriver des différentes îles. La plupart avaient constitué leur habitation au moyen de « pandanus » ou d’autres arbres abattus ; certains se contentaient de branches d’arbre de ricin, qu’ils recouvraient de feuilles de canne à sucre. Moi-même, je me suis abrité pendant  plusieurs semaines à l’ombre du seul pandanus qui soit resté dans le cimetière...

Depuis mon arrivée, j’ai pu observer de près, comme si je les touchais de la main, les misères, sous leur plus terrible aspect. La moitié des malades ressemblent à des cadavres vivants, ils sont hideux à voir, c’est vrai, mais ils ont une âme rachetée au prix du Sang de Notre-Seigneur…

Chaque matin, après ma messe, qui est toujours suivie d’une instruction, je vais visiter les malades. Il y a dans les visites à domicile beaucoup de bien à faire ; ces misères physiques et morales vous navrent le cœur ; mais je tâche de me montrer gai, afin de relever le courage de mes infirmes...

Pour gagner le cœur de ces malheureux, je me suis fait lépreux avec les lépreux : une grande bonté pour tous, une tendre charité pour les nécessiteux, une douce compassion pour les infirmes et les moribonds, et une solide instruction religieuse donnée à mes auditeurs…

J’ai un petit orphelinat pour jeunes filles lépreuses, et pour les garçons que l’on m’a confiés, j’ai construit un Boy’s Home. Tous apprennent bien leur catéchisme et assistent chaque matin à la messe. Le dimanche à la messe, mes enfants chantent admirablement, comme des musiciens finis, mais récemment, à cause des morts et des poitrinaires, j’ai perdu les plus belles voix de ma chorale…

Je trouve mon plus grand bonheur à servir le Seigneur dans ces pauvres enfants souffrants que les hommes repoussent. Presque tous désirent mourir catholiques et je fais tout ce que je peux pour les bien préparer. C’est dans ce travail que je trouve ma grande consolation…

Sans le Saint  Sacrement, une position comme la mienne ne  serait pas tenable. Mais possédant Notre-Seigneur près de moi, je suis toujours gai…

Non, je ne voudrais pas de la guérison, si mon départ de l’île et l’abandon de mes travaux devaient en être le prix.

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PRIERES

Des raisons pour prier

La Foi, cette petite flamme que chacun porte en soi, parfois veilleuse, parfois flambeau, est souvent concrétisée dans notre sanctuaire par les innombrables luminaires ou bougies déposées auprès de Notre-Dame ou des nombreux saints vénérés dans notre basilique.

Il m’arrive souvent de me demander quel est le message qui se cache derrière ces flammes qui réchauffent et éclairent.
Des demandes, bien sur !… Nous sommes tellement démunis face au monde, à ses plaies, ses drames, ses solitudes aussi.
Mais, sûrement aussi, elles signifient un merci pour une grâce reçue, un bonjour pour avoir un compagnon de route pour la journée, un cri de confiance, une présence du cœur quand le corps est au travail.

J’ai trouvé dans la revue ‘Fidélité’ une petite prière, composée par Robert Riber, qui explique le sens de sa démarche. Une occasion de s’arrêter et de méditer.

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Un cierge

Seigneur, tu vois,
je viens brûler un cierge.

J’ai tout essayé pour te rencontrer.

Vraiment, je n’y arrive pas.

Tu es absent, obstinément absent.

Oh !  je sais, tous les mystiques l’ont crié
cette absence si pleine

Moi, je n’y comprends rien,
je n’y trouve pas mon compte.

Aussi, sans trop de mots,
je t’offre ce cierge.

Il te dira, mieux que des paroles,
le cri du cœur, le cri de l’âme .

Je suis là, comme un pauvre
,en quête de lumière, en quête de chaleur.

Seigneur, si tu n’as rien contre les cierges,
alors, ranime en moi la flamme !

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MEDITATION

Je t'aime tel que tu es

Voici que je me tiens à la porte et que je frappe.

C’est vrai, je me tiens à la porte de ton cœur, jour et nuit.

Même quand tu ne m’écoutes pas,
même quand tu doutes que ce puisse être Moi, c’est Moi qui suis là.

J’attends le moindre petit signe de réponse de ta part,
le plus léger murmure d’invitation qui me permettra d’entrer chez toi

Je veux que tu saches que chaque fois que tu m’inviteras,
je vais réellement venir.

Je serai toujours là, sans faute.

Silencieux et invisible, je viens, mais avec l’infini pouvoir de mon amour.

Je viens avec ma miséricorde, avec mon désir de te pardonner,
de te guérir, avec tout l’amour que j’ai pour toi ;
un amour au-delà de toute compréhension,
un amour où chaque battement du cœur est celui que j’ai reçu du Père même.

« Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés.

Je viens, assoiffé de te consoler, de te donner ma force, de te relever,
de t’unir à moi, dans toutes mes blessures.

Je viens t’apporter ma lumière.

Je viens écarter les ténèbres et les doutes de ton cœur.

Je viens avec mon pouvoir capable de te porter toi-même
et de porter tous tes fardeaux.

Je viens avec ma grâce pour toucher ton cœur et transformer ta vie.

Je viens avec ma paix, qui va apporter le calme et la sérénité à ton âme. Je connais tout de toi.

Même les cheveux de ta tête, je les ai tous comptés.

Rien de ta vie n’est sans importance à mes yeux.

Je connais chacun de tes problèmes, de tes besoins, de tes soucis.

Oui, je connais tous tes péchés, mais je te le redis une fois encore :
je t’aime, non pas pour ce que tu as fait,
non pas pour ce que tu n’as pas fait.

Je t’aime pour toi-même, pour la beauté et la dignité
que mon Père t’a données en te créant à son image et à sa ressemblance.

C’est une dignité que tu as peut-être souvent oubliée,
une beauté que tu as souvent ternie par le péché,
mais je t’aime tel que tu es.

Mère Teresa de Calcutta

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ETINCELLES

Cher Dieu ...

Oscar est un enfant de 10 ans hospitalisé pour maladie incurable. Il vit probablement ses derniers jours. Mamie Rose, qui lui rend régulièrement visite, noue avec lui un lien d'amour intense et, face à sa maladie, sa détresse, ses interrogations, lui propose d'écrire à Dieu. A travers ce livre plein d'humour et de tendresse, nous sommes amenés à réfléchir sur la vie et la mort que nous affrontons souvent avec difficulté.
Voici quelques extraits du livre d' Eric-Emmanuel Schmitt  "Oscar et la Dame en rose" (aux Editions Albin Michel) - poétique, profond et plein d'espoir - évoquant un sujet grave en mêlant le rire aux larmes.

Cher Dieu,

 

O. (Oscar) Et pourquoi j'écrirais à Dieu ?

MR (Mamie Rose) Tu te sentirais moins seul.

O. Moins seul avec quelqu'un qui n'existe pas ?

MR. Fais-le exister. Chaque fois que tu croiras en lui, il existera un peu plus. Si tu persistes, il existera complètement. Alors, il te fera du bien.

Livre-lui tes pensées. Des pensées que tu ne dis pas sont des pensées qui pèsent, qui s'incrustent, qui t'alourdissent, qui t'immobilisent, qui prennent la place des idées neuves et qui te pourrissent.…

O. Alors je peux tout lui commander :  des jouets, des bonbons, une voiture.

MR. Non, Oscar, Dieu n'est pas le Père Noël, tu ne peux demander que des choses de l'esprit. : du courage, de la patience, des éclaircissements et tu peux aussi lui suggérer des faveurs pour les autres…

MR. Demande-lui de te faire une visite. 

O. Il se déplace ?

MR. A sa façon, Pas souvent. Rarement même …

O. Pourquoi ? Il est malade lui aussi ? 

MR. Non, il a une façon spéciale de rendre visite. Il te rend visite  en pensée, dans ton esprit.

Tu verras, ces visites font beaucoup de bien.

O. OK. Enfin, pour l'instant, les visites qui me font le plus de bien sont les vôtres…

MR. Si on allait voir Dieu !

O. Ah, ça y est, vous avez son adresse ?

MR. Je pense qu'il est à la chapelle.

O. (Çà m'a fait un choc quand j'ai vu ta statue,

enfin, quand j'ai vu l'état où tu étais, presque tout nu, tout maigre sur ta croix, avec des blessures partout, le crâne qui saigne sous les épines et la tête qui ne tient même plus sur le cou. …Çà m'a fait penser à moi ? Çà m'a révolté).

O. Vous n'allez pas faire confiance à ça ?

MR. Réfléchis, Oscar. De quoi te sens-tu le plus proche ? D'un Dieu qui n'éprouve rien ou d'un Dieu qui souffre ?

O. De celui qui souffre évidemment ! … Mais pourquoi souffrir ?

MR. Voilà, il faut distinguer deux choses, mon petit Oscar : la souffrance physique et la souffrance morale… Si on t'enfonce des clous dans les poignets ou les pieds, tu ne peux pas faire autrement que d'avoir mal. Tu subis. En revanche, à l'idée de mourir, tu n'es pas obligé d'avoir mal. Tu ne sais pas ce que c'est. Çà dépend de toi.

O. Vous en connaissez, vous, des gens qui se réjouissent à l'idée de mourir ? …

MR. Les gens craignent de mourir parce qu'ils redoutent l'inconnu. Je te propose Oscar de ne pas avoir peur mais d'avoir confiance. Regarde le visage de Dieu sur la croix : il subit la peine physique mais il n'éprouve pas de peine morale car il a confiance … 
C'est çà, le bénéfice de la foi…

 

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CONTE

Les nénuphars de théo

           Il existe des histoires vraies qui me font penser immédiatement à l’Evangile. Je ne résiste pas au plaisir de vous conter l’une d’elles

Vous avez déjà admiré ces patchworks de prés, de champs, de bois touffus . C’est là que vivait le petit Théo, 5 à 6 ans, élevé par sa grand-mère, la vieille Fanette.

Caché dans un hallier profond, dormait un étang glauque et lugubre, qui ne reflétait jamais un coin de ciel bleu, ne permettait à aucun rayon de soleil ou de lune de l’argenter un instant. Ce point d’eau  était envahi de sinistres plantes aquatiques, rampantes et pustuleuses, de lianes enlaçantes. L’imagination des enfants le remplissait de couleuvres gluantes et sournoises, de monstres ventrus et mugissants. Tout devait les éloigner de ce trou d’ombre. Pourtant, en août, cette mare se piquetait soudain de nymphéas opalins. Aussi était-ce parmi les galopins du village à qui arriverait à ramener le premier ces nénuphars soyeux à leur mère ou grand-mère qui les recevait avec un sourire aigre-doux sinon avec une bonne taloche.

Un jour, Théo émerveillé, aperçoit les fleurs nacrées de lotus épanouies et si tentantes. Déjà ses deux complices, Jeannot et Fred, culottes relevées sur leurs maigres cuisses, s’aventuraient aussi loin que possible. Sans attendre, notre petit Théo se déshabille derrière un taillis et court tout nu jusqu’à l’eau puis s’avance prudemment, à cause des lianes et de la vase, écartant de ses petites mains les roseaux et les joncs, les pieds tâtonnant à cause des trous d’eau perfides où il pouvait disparaître à jamais.

Il en avait déjà cueilli trois et s’acharnait sur le plus beau qui résistait, aussi solide qu’une chambre à air de vélo, quand Jeannot lui crie : « Eh Théo, attention, voilà la Fanette qui arrive ! »

Il se retourne et voit avec effroi sa grand-mère qui arrive d’un pas rapide et inquiet. Comme elle lui avait promis une « bonne volée » s’il désobéissait, il détale au plus vite. Mais on ne sort que lentement de ces eaux troubles  et de leurs herbes louches. Il voit sa grand-mère qui se penche et coupe une branche de genêt pour la raclée promise.

Bigre ! Pas une minute à perdre. L’enfant sort enfin de l’étang, rassemble ses vêtements épars et court à perdre haleine vers le village. La vieille le suit en courant elle aussi. Elle le rattrape et vlan!

Un coup de fouet sur l’épaule. Le gamin bondit plus vite, mais dix pas plus loin, vlan ! un coup de brindille dans le dos. Il fait un bond, et dans sa hâte, perd une de ses sandales. La Fanette se penche et la ramasse. L’enfant gagne du terrain, mais pas pour longtemps. Aussi, quand la grand-mère le rattrape, le va-nu-pieds laisse-t-il tomber l’autre sandale, puis  un à  un tous ses vêtements  que la bonne grand-mère ramasse consciencieusement. La course se poursuit sous l’œil  goguenard de ses complices. Théo arrive enfin au village, qu’il traverse tout nu. Il n’a plus que ses trois nénuphars qu’il n’abandonnerait pour rien au monde. Les voilà dans la rue, l’un poursuivi par l’autre, rattrapé par elle, la palme triomphale et vengeresse à la main. Sur le seuil, il est enlevé par un bras robuste, monté dans sa chambre, et étendu dans son lit. Puis la bonne dame prend un pyjama dans l’armoire et le lui enfile sans dire un mot. Enfin, elle descend quatre à quatre, farfouille dans la cuisine et remonte très vite… avec un grand bol de lait fumant et parfumé au miel. Elle le tend à son petit-fils en lui disant d’un ton mi-grondeur, mi-cajoleur : « va, avale ça, pendant qu’il est bien chaud, mi p’tit fi ».

Rien de plus. Mais tout cela est tellement inattendu que l’enfant,  bourrelé de remords, promit, en tendant les pauvres nénuphars écrasés sous la couette : « Je te le promets, bonne-maman, jamais plus, je n’irai cueillir les fleurs de l’étang noir ».

Et jamais plus Théo ne cueillit les fleurs des mauvais rêves, les fleurs trop pâles aux parfums équivoques d’avoir germé loin du soleil ! 

Quand on sait combien Dieu nous aime, combien Il est inquiet quand on entre dans les étangs putrides, tentés par les fleurs du mal, comme Il nous pardonne au lieu de nous punir, on n’a plus envie de lui causer du chagrin, ni de s’éloigner de son cœur.

Solange Fornaroli.

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